
Nous arriverons en Allemagne dans moins d’une heure et demie. Puis Paris. Reprenons. Alors un tour au Wat Pho, et son immense Bouddha allongé. Est-il vide ou plein ? Je n’ai pas cherché la réponse. Enormément de détails dans ce wat (ici on écrit wat et non vat) et ses jardins, contrairement à cet immense Bouddha, aux lignes très sobres. Seules les plantes de ses pieds sont très détaillées. Et une musique d’offrande, par plein de petits seaux alignés, que certains faisaient sonner en y jetant quelques jetons. L’argent pour le bonheur, « good luck for you ». Combien de fois a-t-on essayé de nous forcer la main pour faire des offrandes d’argent devant Bouddha. Pour moi, il n’est pas come ça. Il n’est pas ce dieu qui demande des billets contre une bénédiction, cet homme ne demande rien d’autre que ce qu’il a déjà. En plus toutes les entrés sont payante, faut pas pousser non plus. Bref, après ce dernier au-revoir à Bouddha, sur une musique argentée, nous avons cherché une soupe. Mais la sortie du roi nous a coupés sur notre route, en même temps que la pluie. Un attroupement s’était formé devant le Palais Royal, tout le monde semblait attendre la sortie du roi. Nous passons moins de 24h ici, et une chance de voir le roi mégalo ! Cool. Du coup, nous avons aussi attendu, sentant tout l’air retenu dans cette attente interminable. Et là. Trompettes. Une voiture sort. Les gens saluent la voiture. Ok. 10 secondes. C’est fini. Tout le monde repart. Bon, j’ai la bonne photo, mais c’est un peu cher payé. Nous retournons à notre quartier nous préoccuper du bus, et faire quelques derniers achats, comme pour retenir et remplir un peu plus le temps qui s’enfuit. Les derniers Bahts en poche, nous prenons nos sacs, je donne mes dernières pièces à un handicapé, m’achète ensuite, par un étrange hasard, un dernier jus de fruit, hop, dans le bus, et la ville s’offre une dernière fois à nous, dans une tenue de soirée aussi lumineuse que difforme. Retour à l’air conditionné, un transit éclair à Colombo, et j’ai déjà mal à la gorge. J’ai un peu peur du froid où je vais vivre, je suis un peu triste de voir la vie de ce voyage s’achever. Et pourtant. Et pourtant tout ce qu’un petit mois, tout petit mois nous a fait vivre, tous les voyages qu’il nous a fait faire, au-dedans comme au dehors, à travers ceux qu’on a croisé, comme ce qui nous a traversés. Dans mes oreilles, José Gonzalez fredonne « Cast some light and you’ll be allright ». Répands un peu de lumière, et tu iras bien. Nous sommes en route. En route pour notre prochain voyage, car ce n’est pas un retour mais un nouveau départ, un nouveau voyage. Le voyage du retour, où tout change, et tout redevient semblable et différent, comme une sensibilité qui se serait déplacée. Le jour tarde à poindre dans cette nuit qui n’en finit plus, mais je sais qu’il viendra, car je suis en vie, nous sommes en vie, et chaque jour est un voyage. Je viens de pencher ma tête vers l’encre noire du hublot, et forcément, le voilà. Les toutes premières lumières s’éveillent, et un rouge rubis semble renaître de ses cendres, dégradant le bleu nuit d’une certaine couleur verte.
Alors nous pourrons.
Numérisé à la main, terminé le mercredi 17 décembre 2008, dans un TGV vers Brest.
Alors nous pourrons.
Numérisé à la main, terminé le mercredi 17 décembre 2008, dans un TGV vers Brest.